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Denis MARCO Infographiste/animateur 3D chez BUF
Diplômé du M2 Formation à la Réalisation ILOI - Paris 8 2008

jeudi 21 mai 2009

Denis, tu travailles en tant qu’ infographiste/animateur 3D chez BUF à Paris et tu as fais tes études à l’ILOI de 2005 à 2008. Tu as d’ailleurs brillamment bouclé celles-ci en sortant de notre école avec en poche, un certificat professionnel en Réalisation signé par de grands noms du métier et un Master 2 en Création et édition numérique 3D de l’université Paris 8, les deux obtenus avec les félicitations du jury.

Que t’a apporté ta formation à l’ILOI ?

Quasiment tout ! Le hasard de la vie a fait que j’ai du me rendre à la Réunion sans réelle perspective d’avenir, je cherchais encore ma voie à cette époque là. Grâce à l’ILOI, j’ai eu une formation complète en infographie. J’avais bien quelques notions de dessins et de Photoshop en amateur mais ce n’était pas suffisant pour me lancer dans une carrière professionnelle… Et puis, ces 3 ans à l’ILOI m’ont permis de faire des rencontres précieuses aussi bien mes anciens camarades avec qui je garderai contact mais aussi les intervenants, Georges Lacroix en tête, qui ont partagé leur expérience et leurs conseils avisés.

Comment es tu entré en contact avec BUF, firme de renommée internationale ?

Heureusement que Rodolphe m’a convaincu de surpasser ma timidité ce jour-là ! Ca s’est fait au culot, je l’admets ! C’était lors de la présentation du jury de l’an dernier. Invité par Georges Lacroix, Olivier Gilbert, un des producteurs exécutifs de Buf, en faisait parti et comme il a adoré notre projet (Nounours contre nounours), il a accepté ma requête de faire mon stage à Paris. Je l’ai rappelé le lendemain pour planifier mon arrivée, je n’y croyais pas ! Tout s’est enchaîné très vite, il me restait plus qu’à faire mes preuves pour l’embauche à la fin du stage. J’ai, par la suite, recroisé Olivier Gilbert dans les couloirs de Buf qui m’a confié qu’il a vraiment adoré le film !

Pour ton information nous avons passé ton film lors d’un congrès de près de mille personnes à Pékin, la salle entière l’a applaudis !

Pour en revenir à ton expérience, comment s’est passée ton adaptation au milieu professionnel ?

On a d’abord commencé par une formation d’un mois sur les logiciels utilisés à Buf, des logiciels propriétaires développés en interne. En gros, niveau technique, on repart quasiment à zéro ! Je suis arrivé en même temps qu’une vague importante de nouveaux arrivants (environ 50 nouvelles embauches en 3 mois), l’intégration n’a pas été difficile. J’ai eu ensuite la chance de travailler sur un petit projet avec une équipe réduite, ce qui favorise le contact. J’ai énormément progressé grâce au soutien de l’équipe et aussi au fait que j’ai dû toucher à tout. C’est d’ailleurs une des politiques fondamentales à Buf : faire en sorte que chaque graphiste soit le plus polyvalent possible car chaque projet est unique. En tout cas, même si la pression est parfois énorme (surtout en fin de prod), personne ne se tire dans les pattes et on bosse tous en groupe : personne n’est laissé à l’abandon ! Cette bonne ambiance au travail est quand même exceptionnelle, pour avoir exercé de nombreux métiers, je sais de quoi je parle ! En revanche, je suis nul au baby-foot, il va falloir que je progresse !!!

Il va falloir qu’on investisse dans un deuxième à l’ILOI alors ! Trêve de plaisanterie, en quoi consiste ton travail aujourd’hui ?

Sur « Ricky » (film de François Ozon, sorti le 11 février dernier), j’ai travaillé sur une séquence entière. Dans ce film, le bébé vole grâce à des fausses ailes dans le dos, mon but était d’animer les ailes, faire en sorte de bien les coller sur son dos sans qu’on aie l’impression qu’elles « glissent », puis régler l’image pour que les ailes se fondent bien avec le décor (étalonnage, cache et compositing) et effacer les câbles, bien entendu ! Actuellement, je suis sur « Enter the Void » (film de Gaspard Noé, en compétition pour le Festival de Cannes) où le travail à faire est plus diversifié : modeling, mapping, beaucoup de compositing et de la rotoscopie aussi. J’ai aussi fait un détour sur l’animation d’une scène sur Arthur et les Minimoys 3… Bref, c’est très complet, on tourne beaucoup et il n’y a pas de routine dans ce métier, surtout quand il faut satisfaire les nombreuses lubies des réalisateurs ! En ça, j’ai déjà deux-trois anecdotes marrantes à raconter…

As-tu des projets, des rêves à réaliser dans le métier ?

Pour l’instant, mes rêves, je suis en train de les réaliser ! A mon arrivée, j’avais vraiment l’impression d’être dans un autre monde et de ne pas être à la hauteur. Maintenant, je prends ça à la légère et, comme les autres graphistes de Buf, c’est devenu presque naturel de croiser Luc Besson ou Gaspar Noé dans les couloirs, d’assister à des avant-premières en compagnie d’Alexandra Lamy et Jean Dujardin et de voir son nom défiler dans un générique de fin… même si j’ai encore du mal à le réaliser parfois. Peut-être qu’à l’avenir je me lancerai dans l’enseignement pour repartager cette expérience à nouveau ou qui sait, je réaliserai mon propre film ! Mais bon, j’ai encore le temps d’y réfléchir.

Quels conseils donnerais-tu à ceux qui voudraient suivre ton parcours ?

Surtout avoir confiance en soi et en ses capacités, c’est important... Il faut également travailler très dur, même si c’est un métier passionnant, il ne faut pas être effrayé par les heures sup’, le travail le week-end et même à faire des nuits blanches (expériences vécues par certains de mes confrères sur Babylon A.D. et Speed Racer). Même pour terminer le projet Nounours contre Nounours à l’ILOI, nous avons passé des nuits dessus ! Avoir confiance est une chose mais il faut aussi conjuguer avec les autres. Prendre en compte les remarques et critiques des autres (surtout de ses superviseurs) est essentiel pour avancer. D’autant que l’infographie est un monde en perpétuel changement, il ne faut jamais prendre ses acquis pour argent comptant. C’est surtout grâce aux autres qu’on avance. Ne pas avoir peur de se faire aider est important, après tout, c’est pour cela qu’on travaille en groupe ! Il faut garder l’esprit de groupe en toute circonstances, être « corporate », comme on dit !!! Il est souvent préférable d’avouer ses limites plutôt que d’échouer lamentablement et semer la pagaille dans les plannings (erreur que je constate souvent).

Merci Denis d’avoir accepté notre interview et bonne chance pour la suite !


portfolio
Denis MARCO - Infographiste / Animateur 3D chez BUF
Ricky de François Ozon (Source : Allociné)
Ricky de François Ozon (Source : Allociné)
Enter the Void de Gaspar Noé (Source : Cinemaisdope)
Enter the Void de Gaspar Noé (Source : Cinemaisdope)
Arthur et les Minimoys 2 de Luc Besson
documents
Propos recueillis par Rodolphe SERAPHINE - ILOI


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